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Décret sur le tourisme de Catalogne et Directive relative aux services.

Décret sur le tourisme de Catalogne et Directive relative aux services.

La Generalitat de Catalunya a approuvé le 4 août 2020 le nouveau décret de Tourisme de Catalogne, qui configure un code du tourisme catalan, intégrant toutes les réglementations touristiques en vigueur.

Parmi les nouveautés du décret, figure la réglementation de nouveaux types d’hébergement touristique tels que les hébergements singuliers, c’est-à-dire les cabanes dans les arbres, grottes, etc. et les maisons partagées.

La réglementation établie par ce nouveau décret, qui prévoit des critères stricts pour la définition des différentes catégories d’hébergement touristique et des restrictions à l’exercice de l’activité touristique, soulève des doutes quant à sa conformité à la Directive relative aux services, à laquelle elle est soumise.

I.- Réglementation du Décret relatif au tourisme de Catalogne.

Le Décret 75/2020, du 4 aout, relatif au tourisme de Catalogne, intègre toutes les réglementations touristiques en vigueur dans un code du tourisme catalan, et introduit la réglementation des nouveaux hébergements touristiques.

En plus d’intégrer l’ensemble de la réglementation touristique catalane, il introduit quelques nouvelles fonctionnalités, auxquelles nous ferons référence dans cet article.

Ainsi, pour la première fois, il réglemente la « maison partagée », définie comme la résidence principale et la résidence effective du propriétaire, qui est partagée avec des tiers en échange d’une contrepartie financière et d’un séjour de 31 jours ou moins. En outre, il est expressément prévu qu’ils ne peuvent être occupés par plus de places que celles prévues par le certificat d’habitabilité et, en tout état de cause, le nombre d’usagers touristiques ne peut excéder 4.

Pour les hébergements touristiques, une limitation de durée de 31 jours est également établie, ainsi qu’une limitation de places à 15 personnes maximum, telle que prévue par le certificat d’habitabilité. En ce qui concerne les limites de capacité, le Gouvernement de la Generalitat de Catalunya déclare qu’elles ont été établies dans le but de « rendre l’activité d’hébergement touristique compatible avec la coexistence de quartier, le droit au repos et la fourniture d’un service de qualité ».

Il faut tenir compte du fait qu’il existe un régime spécial pour la mairie de Barcelone, qui a la possibilité d’établir, par ordonnance, de nouvelles exigences pour l’exercice de l’activité de logement touristique et de colocation et d’autres restrictions (limitations temporaires et périodes maximales de validité).

À cet égard, la mairie de Barcelone a déjà accordé la suspension de l’octroi de licences touristiques pour les maisons partagées (malgré le fait que le décret lui-même prévoit déjà que la règlementation sur les maisons partagées entrera en vigueur dans un an), et a commencé les études préliminaires pour préparer un plan spécial qui régulera la mise en œuvre de ladite activité, ainsi que d’une éventuelle ordonnance qui fixerait les conditions de son exercice.

Une nouvelle modalité est réglementée, à savoir l’hébergement singulier, défini comme tout hébergement touristique qui n’entre dans aucune des modalités d’hébergement réglementées ou celles expressément exclues. Dans le préambule du décret, il est fait référence aux « cabanes dans les arbres, baraques comme celles du delta de l’Èbre, grottes », etc. Le décret détaille certains cas exclus de l’hébergement singulier, tels que les véhicules, avions, bateaux, ainsi que les bâtiments conventionnels, les bâtiments préfabriqués, les éléments modulaires ou similaires qui doivent répondre aux exigences du Code technique du bâtiment. Pour les hébergements singuliers, il est prévu que la capacité maximale ne peut excéder 6 places.

II.- La question de la compatibilité du Décret avec la Directive relative aux services.

La principale question qui se pose après l’approbation du nouveau décret sur le tourisme est sa compatibilité avec la Directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil, du 12 décembre 2006, relative aux services dans le marché intérieur, et sa transposition ultérieure dans le système juridique espagnol.

Comme le souligne la Generalitat dans le préambule du décret, « le cadre juridique dérivé de la Directive 2006/123 / CE (…) a configuré un scénario pour la régulation des activités de services, comme l’activité touristique, qui tend vers l’élimination des frais et barrières d’entrée, ainsi que l’élimination de tout type d’autorisation touristique. »

Dans cette ligne, le décret prévoit d’éliminer l’intervention de l’administration compétente en matière de tourisme de la Generalitat de Catalunya avant le début de l’activité touristique, sans préjudice du contrôle ultérieur du respect des exigences touristiques.

Cependant, d’autres aspects réglementés par le décret, qui impliquent des restrictions à l’exercice de l’activité touristique, sèment le doute sur le respect effectif des principes inscrits dans la Directive relative aux services.

Selon cette Directive, il doit exister une raison impérieuse d’intérêt général, ainsi qu’une proportionnalité dans les mesures adoptées, afin de limiter l’activité de prestation de services touristiques.

À cet égard, l’Autorité catalane de la concurrence (ACCO) a indiqué que le nouveau décret pourrait limiter la libre concurrence. Elle considère, par exemple, injustifiée la limitation de la durée des séjours dans les maisons à usage touristique et en colocation (31 jours), car elle n’est pas motivée par des raisons d’intérêt général. En effet, cette limitation exclut directement ceux qui louent des logements pour l’été (juillet et août), et cela sans aucune justification.

En ce qui concerne la limitation de capacité d’hébergement touristique, il est expliqué dans le préambule, que l’objectif est de respecter les autres résidents. Cependant, comme le souligne l’ACCO, la limitation de la capacité maximale fournie par le certificat d’occupation est suffisante, et la fourniture d’une restriction supplémentaire n’est ni proportionnelle ni justifiée.

Pour tout ce qui précède, il s’avère qu’il existe de sérieux doutes quant à la conformité du décret sur le tourisme à la Directive relative aux services. Son application future et son éventuelle contestation devant les tribunaux nous permettront de confirmer cette opinion. Dans tous les cas, il faudra être attentif aux nouvelles exigences et restrictions que la mairie de Barcelone envisage d’imposer afin d’étudier si elles sont justifiées et proportionnelles, et si elles sont étayées par des raisons impérieuses d’intérêt général.

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